samedi 17 janvier 2015

janvier est là

janv1.jpg

Valentine est venue depuis l'Alsace rien que pour visiter la ferme.
"C'est bien ici la Roulotte du Berger?
À l'heure du déjeuner une dame tenait â me dire combien elle aimait ce que j'écrivais.
Ce soir, j'ai pensé au blog et à cette promesse que j'avais faite d'écrire tous les jours un morceau choisie ou un événement de la journée.
Je sais pourquoi je ne me rends plus à ce rendez vous. Je pourrais parler d'envie et de manque de temps mais je sais bien que c'est la peur de voir l'échéance de la banque arriver qui m'a paralysée toute entière pendant des semaines. Il y a eu les fêtes de fin d'année aussi et le désir de gouter aux plaisirs de la vie ailleurs que la ferme et ses amis.
J'adore tellement les métiers que je fais tout au long d'une année. Parfois c'est très difficile et il m'arrive de pleurer parce que "c'est vraiment trop dur" Mais je sais que ce qui serait le plus terrible c'est la peur de perdre ce que je commence à peine à construite ici et le pire serait de ne plus y croire. Je ne parle pas de maladie.

Nous voilà au mois de janvier et j'aime dire que j'attaque ma troisième année.
Je sens l'expérience pointer le bout de son nez en matière de "conneries" à ne plus faire et j'ose m'imaginer réussir "quand même mieux" cette année.
Janvier c'est le mois de toutes les nouveautés et ici, ça ne va pas manquer en matière d'idées et de "pourquoi pas essayer" .

lundi 29 décembre 2014

-11°

naiss1.jpg

C'est ce que le thermomètre indiquait ce matin.
J'ai bu mon café et je suis partie voir les animaux.
"Tu as vu la trace blanche sur leur dos ?"
Après une visite d'élevage, personne ne semblaient souffrir du froid,
je crois qu'il n'y avait que le bout de mon nez,
mes oreilles et mes doigts qui se plaignaient ce matin.
Les poules, le chien de la maison et les chats n'aiment pas marcher sur la neige.
Il a encore neigé aujourd'hui,
mon petit garçon était ravi.
"Tu crois qu'à l'école il neige aussi ?"

Dégeler les bacs d'eau à été l'occupation principale de la matinée et de la soirée aussi.
Une brebis a décidé que c'était le jour pour donner naissance à trois agneaux.
Un est mort et il y en a un très petit, j'espère qu'il passera la nuit...

naiss4.jpg

naiss3.jpg

naiss2.jpg

précieuse entraide

entraide1.jpg

Un jour, un de mes clients me demandait si ce n'était pas trop dur de vivre avec les agriculteurs. J'avoue ne pas avoir compris sa question et je lui avais alors demandé de préciser. J'avais été très étonnée de sa réponse et je lui avais répondu qu'ici, nous étions alors peut-être des privilégiés parce que les collègues autour de nous étaient plutôt très gentils et serviables et qu'au contraire, nous bénéficions d'une entraide extraordinaire. "Je crois que c'est ce que j'aime dans ce métier, pour moi c'est comme une famille que j'ai trouvée"

Depuis quelques temps, je suis soucieuse parce que Zyma, notre deuxième vache Vosgienne devrait faire son petit d'ici quelques jours et que je n'y connais rien. A chaque fois que je croise un éleveur expérimenté, je lui demande des conseils. certains sont venus voir la future maman et entendent mes peurs avec patience, sans jamais se moquer. "C'est n'est pas pour tout de suite tu sais" J'ai appris à observer son comportement, à regarder sa mamelle et à toucher l'endroit qui, parait-il devra mou une poignée d'heures avant le vêlage. "On appelle ça décrocher dans le jargon de notre métier"

Hier, nous avons décidé de rentrer Zyma dans le bâtiment, à l'abri du froid annoncé pendant une semaine. Je crois que c'était une bonne idée et même si les deux copines séparées s'appellent souvent, elles s'entendent et surtout Zyma peut se reposer sans devoir lutter contre le froid et l'humidité. Hier encore, j'ai senti toute la générosité d'un éleveur qui sait. Je voudrais remercier David. Grâce à lui et à ses barrières mobiles, nous avons pu installer notre vache bien à l'abri.

Mon petit garçon qui adore aider sa maman (ici il ramène les seaux pour le repas des cochons) dans la première neige de l'année

entraide2.jpg

Nous avons posé des protections sur nos cultures dans la grande serre

entraide5.jpg

entraide3.jpg

Photos de la neige tombée hier

entraide6.jpg

entraide4.jpg

samedi 27 décembre 2014

Je sais pourquoi le soleil se lève

j3.jpg

j4.jpg

Je crois que c'est ce qu'il manquait à ma vie.
Chaque fois que la paupière d'un jour se ferme
je sais pourquoi je me couche aussi.
Moi, j'appelle ça l'essentiel, c'est comme respirer et manger.

Ça fait deux ans que nous habitons ici,
deux ans que je travaille ici,
deux ans que je vis cette nouvelle vie. A l’école j'ai appris à dire chef d'exploitation.
Depuis cet automne j'aime écrire chef avec deux f et un e
mais ce que je préfère, c'est dire que je suis paysanne.
J'ai appris à l'école que les bâtiments et les prés qui abritent et nourrissent nos animaux ça s'appelle une exploitation.
Je n'arrive pas à m'y faire et je préfère parler de ma ferme,
de mon potager et de nos prairies.
Ici, je vis à mille à l'heure et la promesse d'écrire tous les jours un nouveau billet s'est envolée avec le temps qui semble avoir raccourci depuis que je suis ici.
Je m'habitue à cette fatalité mais je ne peux pas m’empêcher d’écrire sur des morceaux de papiers les envies et les promesses pour la nouvelles année.
En attendant, le jour J, je continue à lister, organiser, planifier entre deux fourches de foin ou deux bacs d'eau à remplir.

Je vous souhaite à tous, très chers lecteurs, de joyeuses fêtes de fin d'année.

j1.jpg

j2.jpg

lundi 22 décembre 2014

triste nouvelle

rosa2.jpg

C'est une femme qui laissera une belle empreinte chez les humains.
En tout cas, à moi, elle aura laissé un goût d'envie d'aller encore plus loin.
Je l'avais croisée derrière l’écran de l'ordinateur dans sa vie, son quotidien,
sa jolie bataille et puis, je l'avais rencontrée sur toile lors d'une visioconférence organisée par les associations des Automnales.
Son ton de voix et son accent resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

Rosalie Botti, présidente de la coopérative COCOVICO, nous a quitté subitement il y a quelques jours.
Rosalie, c'était une femme Africaine, une femme rurale que nous souhaitions rencontrer en vrai, nous nous étions données rendez vous à Paris au mois de février prochain.
Je sais que je penserai à elle dans ma vie de cheffe d'exploitation et le jour du rendez vous dans les bureaux de ceux qui font un peu peur quand on veut se lancer dans l'aventure d'entreprendre au féminin.
Je penserai à elle parce que je suis sûre que jour là,
elle sera avec nous et qu'elle saura nous donner un bout d'aile/elle
pour franchir le cap pour mener ce projet fou de trois femmes qui s’unissent pour être encore plus fortes.
Adieu Rosalie.

rosa1.jpg

dimanche 14 décembre 2014

rendez vous

c'était avec Nestea que j'avais rendez vous.
"Aujourd'hui c'est dressage dans la petite carrière"
J'aime beaucoup ces moments avec les chevaux, je suis rentrée bien dans ma peau, en pensant à ma jument qui m'attend.
Une fois le déjeuner avalé, j'ai pris le temps de m'allonger pour une petite sieste qui m'a fait ,elle aussi, un bien fou.
L'après midi, c'était avec les agneaux que j'avais rendez vous.
"Aujourd'hui, c'est la pesée pour tous"
Je crois que nous allons vite acheter une balance adaptée au parc de tri.

La nuit et la pluie sont arrivées juste quand nous venions de terminer.
J'ai pris Heda avec moi pour la tournée du soir à l'élevage.
Poules, cochons, vaches, chevaux sans oublier Popi-Cacahuète et ses copains.
"Allez on rentre Heda, tout le monde va bien, il ne reste plus que ta gamelle à remplir pour ce soir"
J'ai fermé la porte derrière un gros panier de bois coupé pour le poêle de la cuisine.
Ce soir, c'est une soupe de Butternut et un riz au lait qui m'a apaisée.

rdv1.jpg

rdv2.jpg

samedi 13 décembre 2014

la vie ici

La vie ici ne s'arrête jamais.
Enfin si, parfois comme l'agnelle qui nous a quittés ce matin. La vie ici est souvent très agitée alors quand le calme s'invite, c'est comme une glace à la chantilly, on y goutte, puis on se laisse aller à la dévorer ou à la déguster et pour ça, la vie nous laisse le choix... Ou pas.

Ce matin, je me suis émerveillée devant le superbe tableau que m'a offert la vie, parce que parfois la vie fait des cadeaux mais pour ça, il a fallu me lever très tôt et sortir juste quand le soleil se levait au dessus de la foret.
C’était beau et j'ai souri. j'ai respiré ce moment à plein poumons.
Je suis retournée prêt de l'agnelle pour la saluer, juste avant que la vie la quitte.
La vie elle est comme ça ici, souvent entre larmes et sourires, fatigante, vivante et parfois cassante aussi.

Hier j'étais au milieu d'un groupe de moutonniers.
Nous étions chaussés de bottes en plastique et j'ai enfilé les gants en caoutchouc que l’animatrice m'a tendus.
Il y avait la brebis allongée sur le coté pour être autopsiée.
il n’était plus question de vie sur la table mais de couteau bien aiguisé, d'indices à trouver et d'âme envolée.
J'étais bien enracinée au sol et décidée à apprendre le dedans de mes moutons pour mieux comprendre pourquoi parfois la vie ne veut plus d'eux.
Je pensais y arriver mais l'odeur était difficile à supporter, j'ai compris qu'il ne fallait peut être pas rester quand la nausée s'est invitée juste avant les sifflements dans les oreilles. Ceux là je sais qu'ils se pointent juste avant les étoiles et le vide alors je me suis écartée.
J'ai écouté le vent qui soufflait aujourd'hui, il était fort et gelé, j'ai laissé les frissons rentrés sous mes vêtements, j'avais les pieds glacés.
Avec le groupe de moutonniers nous avons déjeuner dans cette ferme auberge bien au chaud.
"Vous faites partis du réseau accueil paysan?" J'ai terminé le repas avec un café puis je me suis excusée par l’Après midi. Je ne pouvais pas découper, j'avais pourtant apporter ma cote propre et mon couteau bien aiguisé mais je n’ai pas pu.

Les fleurs d'ici que l'on peut encore trouver en ce mois de décembre

vieici1.jpg

vieici2.jpg

vendredi 12 décembre 2014

six petits cochons

Je les ai trouvés tout petits et très curieux.
Ils venaient tous les six de descendre de la remorque et je pouvais déjà les caresser sans les effrayer, ils semblaient même apprécier.
Ils ont mangé les morceaux de pommes que j'avais coupés pour leur arrivée et ils se sont mis à renifler le sol, il faut dire que le plein air, c'est nouveau pour eux.

Il y a quelques jours, j'ai fait un formation afin obtenir le certificat d'aptitude pour le transport des porcs avec un monsieur qui en connaissait plus qu'un rayon sur le sujet.
Après la partie réglementation, nous avions longuement parlé du bien être animal, des déplacements et du comportement grégaire du cochon et les rapports avec l'humain.
J'avais bien écouté et même participé à certains débats.
Hier soir, j'ai donc mis en pratique mon tout nouveau savoir en la matière et c'est avec une simplicité très appréciable pour l'éleveuse débutante que je suis que je les ai regardés rentrer dans leur yourte à cochons, leur maison au lit et au grenier de paille.
Il faisait bon dedans.
Ils semblent bien que nos six nouveaux petits cochons soient satisfaits de leur nouveau lieu de vie.
Je leur ai souhaité une bonne nuit en les prévenant qu'en dehors de la maison, il fallait faire attention car ici, les clôtures étaient électriques.

6cochons.jpg

jeudi 11 décembre 2014

porte fermée

porte.jpg

C'est une petite maison au bord de la forêt.
C'est là que je continuerai de grandir.
Je suis heureuse que cette année nous puissions profiter de la chaleur du poêle allumé dans la cuisine.
Chaque matin, je sens le froid me pincer les joues quand j'ouvre la porte de la maison, l'hiver est arrivé.
Le potager prend ses airs de friche et sous la grande serre, les rangs mal alignés de mâche, épinard et pourpier se prennent pour un dessin où le vert domine et rempli ma tête de promesses de vie.
Je profite du soleil sur la bâche en plastique transparente, j'aime ses rayons qui viennent me réchauffer pendant que je récolte les légumes feuilles pour en faire de belles cagettes à régaler.

Lundi il a neigé et j'ai pensé à l'automne que je n'ai pas vu passer.
Je fais partie des gens qui détestent les fêtes de fin d'année, sans savoir vraiment pourquoi.
Mes enfants ont grandi et mes filles sont parties. Il y a encore Rémi ici et rien que pour lui, nous avons ramené un sapin dans la maison.
"C'est moi tout seul qui met les décorations"

Hier, nous étions quatorze autour de tables, réunis entre maraichers du département.
Il était question du site tout neuf qui sera mis en ligne d'ici quelques semaines, de bilan de fin de saison, de projets, de formations et de coups de gueules aussi.
"Nous devrions gagner au moins un SMIC"
J'ai entendu parler des semenciers, de ces variétés amateurs "VA" et des règles de plus en plus serrées.
"Il ne reste plus qu'une seule variété ancienne que nous avons le droit de commercialiser, c'est inamissible"

La maison des cochons est montée.
tout autour, il y a un filet vert qui dessine leur parc. Ils pourront ainsi combler leurs besoins de fouir. nous l'avons bien amarré.

Nous attendons l'arrivée du veau de notre deuxième vache, c'est pour très bientôt maintenant.
J'appréhende beaucoup la mise bas, je sais que parfois c'est peut être difficile et je n'ai aucune expérience ni savoir faire si un problème se présente.
Aujourd'hui, je peux juste espérer que tout ce passe bien.
ça me plait d'imaginer qu'un matin il est là à ses cotés, qu'il est né sans que je le sente venir.
Ça me plait d'imaginer que ce sera un bébé veau fille que je pourrai nommer et regarder grandir et lui apprendre, plus tard, le même métier que sa mère ici.

vendredi 7 novembre 2014

réunion d'école

Il y a eu la réunion à l'école avec des chaises installées en cercle devant les tables des instits et de la directrice.
Un début qui m'a impressionnée.
J'ai pensé que ça faisait déjà vingt ans que j'étais parent d'un enfant scolarisé et que c'était la première fois que je me présentais à un conseil.
J'ai écouté et j'ai parlé aussi.
J'ai entendu des choses que je n'ai pas bien comprises et d'autres qui m'ont donné envie d'aller plus loin, d'approfondir, de développer et même pourquoi pas, proposer mon soutien. Je ne l'ai pas fait.
"Tu seras déjà très occupée l'année prochaine, tu sais"

Je suis repartie, la nuit était déjà tombée depuis longtemps.
Sur le chemin du retour, j'ai récupéré un petit garçon à la maison de la ruralité, trop content de me retrouver.
J'ai couché Rémi encore triste parce que sa poule a disparu avec trois de ses petits
"Je ne voulais pas qu'elle soit morte"
Nous avons souhaité bonne nuit aux deux petits orphelins bien à l'abri sous l'aile de Rémi et surveillés un chat très intéressé.
Je me suis endormie moi aussi, sur une journée encore très chargée.

ecole.jpg

jeudi 6 novembre 2014

un rideau toujours ouvert

Les dernières caisses d’épinard et de mâche sont prêtes à être plantées sous la serre. Elle sera presque entièrement remplie cette année.

J'aime beaucoup me promener entre les rangs. Rémi m'a dit que ça fait comme dans un dessin.
"Un dessin ou il n'y a que l’œil et la main humaine pour aligner les petites mottes alors".

Il y a encore les rideaux des portes en plastique à installer et à réparer,
après quelques passages pour désherber, du côté du potager ce sera terminé pour cette année.
Il y aura les nouvelles parcelles à préparer aussi pour la saison prochaine.
Dès que le sol sera "ressuyé", nous commencerons.
Les pommes de terre seront plantées loin de la maison,
loin des Doryphores aussi, en tout cas nous l'espérons. Nous allons aussi préparer le sol pour les parcelles qui accueilleront les nouveautés de la ferme pour la nouvelle année.
Il y aura la partie petits fruits et celle dédiée au potager en carrés.
Cette dernière est très attendues par plusieurs clients, curieux d'apprendre une jolie façon de produire ses légumes.

rideau.jpg

mercredi 5 novembre 2014

des idées à perte de vue

C’était le dernier jour de formation,
je suis rentrée avec des idées plein la tête.
Sur le chemin du retour,
après les grandes routes,
j'ai retrouvé les bordures avec ses champs à perte de vue,
les vaches et même des moutons.
J'ai pensé aux miens bien à l'abri qui commencent à trouver le temps un peu long dans le bâtiment.

vue.jpg

mardi 4 novembre 2014

transformer des légumes et des fruits

transfo1.jpg

Apprendre à transformer les légumes et les fruits faisait parti de ma liste d'envies, ici à la ferme.
Ce matin, je suis partie en voiture en direction d'un atelier de transformation pour apprendre quelques techniques de base et entendre tout ce qu'il faut savoir sur les règles d’hygiène et les obligations, surtout administratives.

Je suis rentrée heureuse. Très heureuse et j'avais hâte de tout lui raconter, surtout cette histoire de sucre et de pectine.
"C'est quoi un réfractomètre?"

Je suis partie me coucher épuisée avec cette envie toute neuve de fabriquer de la confiture pour la vente à la ferme. Il faudra lister les nouveautés pour 2015, ça commence à faire beaucoup et sentir bon la vie bien remplie.
"Dimanche je vais dans la foret pour remplir mon panier de cynorrhodons, j'espère qu'ils sont encore beaux" La confiture d'églantier est celle que nous préférons tous ici et maintenant que je sais comment me débarrasser rapidement des petits poils et des pépins de ces fameux "gratte-cul", je vais vite essayer d'en fabriquer.

transfo2.jpg

lundi 3 novembre 2014

une dame pour transmettre

J'ai eu juste le temps de terminer le rang d'ail que j'avais commencé vingt minutes plus tôt. J'ai remercié le ciel de m'avoir épargné la douche qui a suivi l'instant où j'ai posé le petit seau blanc sous la serre.
Les principaux caïeux sont en place, il reste encore les plus petits à planter mais ils pourront attendre la fin de ces deux jours de grosses pluie qui sont encore annoncés.

Je suis rentrée à la maison et c'est en ouvrant la porte de la cuisine que j'ai senti le vide que mon petit garçon avait laissé derrière lui, en reprenant le chemin de l'école. J'ai souri en me disant qu'il y avait encore d'autres heures sans lui aujourd'hui et que j'avais le temps de prendre mon temps. J'ai préparé le repas du midi sans bruit et déjeuner sans enfant, rien que deux amoureux à table accompagnés de deux verres de vin.

Je suis partie très vite après mangé en direction de la ville à un rendez vous avec une dame. Nous étions trois femmes bien décidées à parler des activités pédagogiques de nos fermes pour 2015. Cette dame devrait faire passer dans les tuyaux des ordinateurs de personnes potentiellement intéressées qu'il existe sur leur territoire, trois fermes pédagogiques prête à travailler avec eux.
La dame a eu un peu de mal à saisir ce qu'était le réseau Accueil Paysan.

"C'est simple, prenez comme exemple la ferme des milles vaches. Chez nous, ce serait plutôt la ferme des deux vaches" Je crois que la dame a compris et qu'elle a bien aimé l'idée du travail à échelle humain.

transmettre.jpg

dimanche 2 novembre 2014

quand la pluie est annoncée

La météo annonce de la pluie dès demain.
"il faut couper et rentrer le bois à l'abri aujourd'hui".

Aujourd'hui, il fallait aussi réorganiser les parcs d'attente extérieurs pour les moutons et emmener notre jeune bélier dans la bergerie partager sa vie avec nos antenaises.

L'ail attendrait encore pour être fini de planter, ce dernier jour de la semaine devait être donné aux soins des animaux, au bois et aux lessives.
"Maman, je n'ai plus de tee shirt"

La nuit arrive très vite maintenant et je dois réapprendre la vie avec des heures raccourcies. Ce sont les diners les plus heureux, je rentre de plus en plus tôt à la maison.

Je trouve encore des œufs dans les nids mais en moins grande quantité. Les cinq derniers nés ont l'air de bien se porter, il faut dire qu'ils sont tombé sur une excellente maman poule.
J'espère les voir encore vivants au printemps prochain malgré les mises en garde de personnes expertes.
"Les poussins nés au mois d'aout ne tiennent pas l'hiver"

plui.jpg

samedi 1 novembre 2014

à l'interieur

J'ai laissé le jour me réveiller doucement.
Pas de réveil pour dire qu'il faut se préparer pour une heure donnée,
juste un poulailler à ouvrir mais qui sait attendre encore un peu.

Le café était bon,
j'ai eu envie de tartines beurrées que je me suis préparée sans me presser.
J'étais seule à profiter de cet instant dans la cuisine
à regarder le feu du poêle qui m'a très vite réchauffée.
Il y avait le bruit de ma respiration
et celui du ronron de Félix confortablement installé sur mes genoux
et puis c'est tout.

c'est à ce moment là que j'ai souhaitée que cette journée soit teinté de petites touches de vie comme ça.
De toute façon, je n'avais toujours pas retrouvé ma voix,
si des cris venaient à chahuter la vie ici,
ils ne viendraient pas de moi.

Mon petit garçon s'est réveillé
et j'ai crié.
Je me suis énervée après le verre rempli d'eau et de peinture posé juste à côté du clavier de l'ordinateur
et de la paires de ciseaux qui avait découpée toutes ces feuilles blanches par terre.
J'ai crié comme j'ai pu la colère que je sentais monter à mesure que mes yeux s'ouvraient sur le désordre qui régnait dans la salle de jeux et la chambre de Rémi.

Je suis sortie ouvrir le poulailler,
remettre de l'eau aux moutons,
saluer les cochons d'Inde et donner du poivron.
Je suis allée ouvrir les serres après avoir vérifié que les chevaux et les vaches ne manquaient de rien.
J'avais du linge à pendre à la maison et il pouvait bien attendre encore celui là,
je n'avais pas envie de rentrer à la maison.

Je me suis assise en face du soleil avec le sac d'ails qu'il fallait finir d'éplucher et j'ai laissé la chaleur des rayons m'apaiser.
Je me suis détestée et j'ai vite oublié la vie intérieure pour me concentrer sur le dehors de ce bel automne.

Aujourd'hui, nous avons séparé les brebis en deux lots,
il est temps de penser aux agnelages du printemps prochain.
C'est notre plus jeune bélier qui ouvrira le bal en bergerie dès demain.

inerieur.jpg

Très chers lecteurs

Nous avons deux petits hérissons dans notre jardin

Si, chez vous aussi il y a des petits

je vous conseille d'aller visiter ce site

le hameau du hérisson

Leurs vies en dépend peut-être

vendredi 31 octobre 2014

sans voix

voix2.jpg

Il y a parfois des moments où le corps et l'esprit s'unissent
pour passer un message à l'être qui cohabite avec ces deux là.

Je n'ai plus de voix
et je ne sais pas ce qu'il doit se dire
derrière cette nouveauté.

Je ne peux plus crier quand je suis fâchée après mon petit garçon
ou hurler aux chiens d'arrêter d'aboyer.
Je ne peux plus monter le ton pour qu'on m’écoute au loin,
je dois me rapprocher.

Aujourd'hui je me suis rendue compte que non seulement dans une journée, je criais beaucoup et qu'il était possible aussi de me faire entendre, même en chuchotant.

voix1.jpg

jeudi 30 octobre 2014

des guides pour se rappeler

La grande butte devant les serres est paillée pour l'hiver.
Je ne sais pas encore ce que j'y planterai
Je me laisse le temps d'y penser, de l'imaginer et de jouer avec les idées.

La grande serre est dégagée de ces légumes d'été d'un côté
et de l'autre, il y a la mâche, l'épinard et le pourpier bien installés.

La petite parcelle près du cerisier à été labourée puis passé au cultivateur avec le tracteur.
Aujourd'hui, C'est Sirano qui a pris sa place devant la kassine.
Il a monté les quinze billons qu'il nous faut pour les petites têtes d'ails que j'ai commencé à éplucher en fin de journée avec les deux stagiaires, heureuses d'avoir vu Sirano travailler.
"Tu veux essayer Émilie"
J'ai vu son sourire et ses yeux briller en tenant les guides.
Je crois qu'à ce moment là, j'étais fière de ma vie ici.

sir1.jpg

sir2.jpg

sir3.jpg

mercredi 29 octobre 2014

pas pour toujours

Depuis quelques semaines il m'arrive de vouloir partir d'ici.
Pas pour toujours,
juste m'en aller pour souffler
ou peut-être juste assez reculer
pour mieux regarder.
Partir d'ici et juste laisser filer novembre et décembre
et peut-être aussi janvier.

Noël, c'est dans deux mois.
Bientôt, il y aura un sapin à décorer
et des bouts de listes accrochées un peu partout à la maison.
"Maman, tu crois que le père-noël va passer à la maison de la ruralité?"
Je ne sais pas combien de temps encore Rémi y croira,
peut-être que cette année
les plus grands de la cour de récré arriveront à semer un peu de doutes dans sa tête quant à l’existence du père-Noël.
Je sais bien que ce ne sera pas pour toujours
mais je voudrais bien l'entendre encore une fois rêver de lui pendant toutes ces longues semaines à l'attendre.

recul.jpg

mardi 28 octobre 2014

comme si

comme2.jpg

C'est comme si le temps me filait entre les doigts.
Comme si un rideau s’était fermé sur la belle saison.

Les arbres perdent leurs feuilles
et on peut à nouveau voir les maisons d'en haut depuis le jardin.

le soir et le matin,
il fait meilleur à la maison mais l'après midi,
c'est dedans que j'enfile un gilet.

les moutons sont à l’abri dans le bâtiment
et les chats s'invitent chez les humains parce qu'à côté du poêle allumé,
les siestes sont quand même bien meilleures.
Les coccinelles, les araignées et même les mouches sont rentrées.

Cette semaine, j'ai vu encore quelques butineurs,
le soleil étire ses rayons là-haut
et le ciel est sans nuage menaçant depuis plusieurs jours.

Le temps semble me filer sous les doigts comme l'herbe qui disparait sous mes pas.

comme1.jpg

- page 2 de 18 -