Les moutons

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mardi 5 janvier 2016

un nom à la place

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Je regarde les ventres s'arrondir.
Il va falloir bien réorganiser la bergeries pour accueillir les tous nouveaux nés.
L'hiver vient à peine de commencer et il reste encore de longues semaines avant l'arrivée du printemps et ses promesses.
Aujourd'hui il n'est pas question d'herbes à brouter, n'y de bain de soleil pour se réchauffer.

Quand je viens distribuer le regain, certaines brebis font le même petit bruit caracteristique à toutes les mères qui invitent leur progénitures à la tétée
ou juste pour une petite toilette où tout simplement pour dire: c'est moi, je suis là, reconnais moi.
Je sais bien qu'il faut attendre quelques semaines encore mais à chaque fois que j'entends ce doux gloussement de jeune maman,
je ne peux m'empêcher de chercher un agneau perdu au beau milieu d'une centaine de pattes de brebis gourmandes et affamées.
Je me sens fondre alors quand je sais que c'est pour moi et je cherche les yeux de celle qui m'appelle.
Ce sont ces petites bulles de bonheurs là que je garde avec moi pour les jours où tout va mal et ce qui donne aussi naissance à un nom pour une brebis qui au départ n'était qu'un simple numéro.

mardi 27 janvier 2015

il y a des bébés partout

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Ce n'est pas la peine d'essayer de se parler entres humains au milieu du raffut que font de concert mères et petits.
Pour certain, il est déjà l'heure de jouer à saute moutons,
les mamans sont mise à contribution et les râteliers servent de montagnes à escalader.
"Quelle bande de petits cochons! Ils pissent dans le foin!"
Nous sommes d'accord ici,
plus de râtelier en libre service quand il y a des agneaux dans les parages.
Il faudra y penser pour la prochain saison.

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mardi 7 octobre 2014

il faut les rentrer

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Il pleuvait déjà quand je me suis levée.
J'ai pensé aux moutons,
je sais qu'ils n'aiment pas les fortes pluies et surtout celles qui durent.
Toute la nuit, le sommeil léger et angoissée, j'ai pensé à eux.
"il faut les rentrer"

Le matériel pour l'aménagement du bâtiment n'est pas encore arrivé,
il nous manque encore quelques barrières mais tant pis.
"Il faut les rentrer"

C'est l'affaire d'une petite semaine improvisée,
juste du temps au temps de revenir au beau fixe.
J'ai regardé la météo, les moutons devraient encore profiter de l'herbe.
C'est juste l'affaire d'une bonne semaine.
"Il faut les rentrer"

Tout était posé, fixé, discuté et entendu et tout était finalement pas si mal que ça. Ils seront bien au sec là dedans, c'était le moment d'aller les chercher.
Deux chiens pour un troupeau de deux cents moutons, ce n'était pas de trop.

Moi, postée en haut au tournant, juste avant l'entrée au bâtiment avec mon chien:
"Couché, pas bouger"
C'est lui qui est parti ouvrir au moutons
et qui devait les conduire droit devant.
Je l'ai entendu siffler, le ton était donné, il fallait vite venir aider, le troupeau avait décidé de partir de l'autre côté.
Mon chien les a rejoint à la vitesse de l'éclair pour soutenir son copain et pousser les moutons de l'autre côté.
Nous avons deux chiens extraordinairement attachés à leur job et volontaires, mais cela n'a pas suffit.
Quand j'ai vu la fatigue s'inviter dangereusement chez eux,
j'ai couru chercher un seau de blé. Je lui ai laissé mon chien et j'ai couru en direction de la grange, j'ai couru et j'ai glissé sur un pavé mouillé devant la porte de l'entrée.
Je me suis relevée en suppliant à mon corps de ne pas s'être blessé. Pas le temps de vérifier, j'ai couru, couru pour les retrouver et je les ai appelés.
Une brebis meneuse avait repéré le seau, c'était suffisant pour déplacer le troupeau.
"Vas y court maintenant!"
J'ai couru, couru puis je suis retombée, cette fois, dans l'herbe mouillée, même pas mal. J'ai repris mon seau et j'ai eu peur de voir le troupeau me passer dessus, je me suis relevée et j'ai couru. Les moutons sont rentrés tous en ligne et contents de trouver du foin dans les râteliers.
Les barrières fermées, je me suis écroulée dans ses bras les yeux embués.
"On y est arrivé"
Après avoir vérifié que rien n'était cassé, rien de grave ne m'était arrivée, nous avons félicité nos chiens, nous les avons caressés et ils sont partis boire dans les flaques près du bâtiment.
Je suis restée un moment pour observer le troupeau, soulagée et contente de les voir enfin au sec, surtout les petits agneaux.

A l'heure du diner, la conversation était bien entendue autour du souvenir encore frais de notre aventure
"Quand je suis tombée avec mon seau, à un moment, j'ai pensé aux jeux d'intervilles"
Nous avons rigolé et nous nous sommes encore félicités, le principal était fait, les moutons étaient rentrés.

Nous avons appris aujourd'hui qu'il ne faut jamais sortir deux cents moutons affamés d'un parc en pensant les mener vers un bâtiment qu'ils ne connaissaient pas.

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dimanche 21 septembre 2014

des boucles pour les agneaux

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C'était prévu depuis quelques jours,
aujourd'hui c'était consacré aux moutons.
il était temps de boucler les agneaux nés cette année
et nous devions changer le parc de place.

Il était dix heures quand nous sommes partis en directions du pré
avec un des chiens de troupeau et le matériel de bouclage.
Je pensais avoir terminé pour midi,
il était l'heure du gouter quand nous avons rentré.
j'ai laissé dans le pré,
soixante quatre agneaux avec un paire de boucles aux oreilles chacun.
Je déteste ce travail.
Nous les avons pesé aussi et je vais commencer à appeler les premières réservations.
Nous allons trier les moutons pour les sevrages
et la mise à la lutte pour certaines de nos brebis.
Les béliers vont être contents.

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mardi 22 juillet 2014

sans abri et sans vie

Le travail avec Heda me manque et je crois qu'aujourd'hui,
elle était contente de retrouver notre complicité et nos câlins.
Moi aussi.
Elle n'a rien oublié et même qu'il m'a semblé avoir vu du progrès dans ses directions.
Aujourd'hui un agneau est mort et une de nos jeunes agnelles s'est blessée.
A chaque fois qu'un de mes animaux souffre ou meurt ça me bouleverse terriblement
et dans ces moments là,
je me déteste d'avoir choisi ce métier, je ne veux pas accepter cette fatalité.
"Oh, tu verras on s'y fait, en élevage c'est normal"
moi je n'y arrive pas.

Demain le soleil revient,
je l'ai dit au troupeau qui fatigue de toute cette pluie.
Nous aurons très bientôt la bergerie,
je leur ai promis qu'elles ne subiront plus jamais ça.
Leur rusticité ne fait pas tout et j'aimerais les voir contentes de rentrer s'abriter quand il pleut.

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jeudi 8 mai 2014

les brebis sont tondues

Notre tondeur préféré a passé toute l'après midi avec nous.
J'ai regardé si les brebis faisaient de la mamelles, signe de gestation.
rien à signaler pour cinq d'entre elles
Rémi a très patiemment essayé de fabriquer un fil de laine
j'en ai profité pour faire désherber les brebis entre la serre et le potager, juste à la sortie.
Ce soir, nous nous sommes couchés tous épuisés par cette grosse journée.
Et je suis contente, les brebis sont tondues.

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dimanche 30 mars 2014

rendez vous à l'automne prochain

Nous avons séparé les béliers des deux troupeaux de brebis. La saison de lutte est terminée pour eux.
"allez les garçons, vous les retrouverez l'automne prochain."

Les premières naissances débuteront fin mai et se poursuivront jusqu'à la fin aout.

Le jeune bélier a rejoint les deux autres dans un petit enclos afin qu'ils s'habituent à vivre ensemble et décident qui sera le chef sans trop se faire de mal.
Le trio semble bien s'entendre, s' ils restent raisonnables, je leur ouvrirai un parc avec des filets sur la belle herbe fraiche du jardin.

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samedi 29 mars 2014

les petites nouvelles

Elles sont arrivées avec un jeune bélier juste quand le soleil s'est couché. Cinquante agnelles nées l'automne dernier nous ont rejoint à la ferme.
"Et ben, quand elles feront des bébés il y en aura beaucoup... Ça vous en fait combien en tout avec celles là ?"

Ce soir, quand il m'a demandé si j'étais contente, j'ai préféré lui répondre que j'étais surtout impressionnée par la grandeur de mon troupeau et que j'avais peur. J’appellerai Philippe au téléphone demain pour le remercier. lui dire qu'elles sont belles et écouter quelques conseils. lui dire que je suis contente d'avoir un troupeau de brebis déjà habitué à l'humain, contente de retrouver le même comportement que les cinquante premières agnelles achetées chez lui. Je suis certaine que ce monsieur passe beaucoup de temps avec ses animaux. Je ne lui dirai pas que j'ai peur.

Ce soir à la maison, nous avons parlé de nourriture. celles qu'elles ont reçue chez leur naisseur et celle qu'elles auront ici. J'ai anticipé la réaction de nos chiens de troupeau, il faudra faire des lots ce sera plus facile à conduire.
Nous sommes d'accord tous les deux pour officialiser notre élevage en bio.

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dimanche 23 mars 2014

récréation

Le parc est prêt pour accueillir les nouveaux arrivants et ce soir, nos agnelles l'ont essayé. "C'est comme une cour de récrée."
Certaines ont joué à saute-mouton et les plus jeunes entrainaient avec eux les plus âgées à se lancer dans une course où d'un seule coup, après un bond "T'as vu on dirait des zébulon" et une demie volte, tout le monde décidait de repartir à la ligne de départ avec des petits bonds comme ci leurs jambes étaient montées sur des ressorts. Pour d'autres, l'espace devenait un ring et testaient leur supériorité hiérarchique.
Nous les avons regardés un long moment, nous avons ri et caressé les moins timides qui venaient volontiers se faire grattouiller. Nous étions bien d'accord pour que notre troupeau ait toujours un endroit comme celui là pendant la période de bergerie.

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mercredi 19 mars 2014

un carré arrondi

Il y a des fois où je regarde mon travail et j'essai de ne pas être trop sévère avec moi.
Ce matin, je me suis marrée devant mes filets plantés en un carré... Pas tout à fait carré.
J'aurais explosé, tout jeté il n'y a pas tant de temps que ça en m’apercevant, au dernier moment, juste quand l'effort donne chaud, qu'il est temps de passer à autre chose et que la fatigue commence à s'installer que le filet s'est retourné, qu'il faut déplanter et recommencer.
Ce matin, j'ai sorti mon appareil et je l'ai photographié. Je me suis amusée à penser qu'un jour, je pourrai craner en racontant que je sais poser des filets en carré... très carré et en un temps record. Je sourirai sans doute devant la photo.

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vendredi 7 février 2014

Aurore

Je l'avais observée hier soir un peu plus longtemps que les autres et ce matin quand je suis allée la voir, je n'ai pas été très étonnée de découvrir un agneau à ses côtés.
Juste un seul, le tout premier de l'année. J'ai soigneusement désinfecté son cordon et j'en ai profité pour regarder s'il s'agissait d'un mâle ou d'une femelle:
- C'est une fille!
Elle est entièrement noire, pas très épaisse mais déjà bien dégourdie. Les mamelles n'ont déjà plus de secret pour elle. Je sais que cette mère là nourrit très bien ses petits. L'hiver dernier elle nous avait fait deux filles que nous avons gardées.
Toutes les mauvaises pensées de la nuit passées, la peur de retrouver ma serre abîmée, à sursauter parce que le vent soufflait fort, ont laissé place à la douceur de cette naissance qui a rempli ma matinée de joie. Même les quelques boulons à resserrer le long du rideau de la serre qui battait au vent n'ont pas réussi à me faire râler.
Ce soir, la maman a bien mérité le privilège de manger une poignée d'orge et de luzerne tout juste livrés l'après-midi même.

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jeudi 16 janvier 2014

brillant

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Les jours commencent à rallonger mais le soir, il fait encore nuit lorsque je vais distribuer l'eau et le foin des moutons.
Comme à chaque fois que j'entre avec la lumière accrochée sur le front, je m'amuse de ces dizaines de paires d'yeux brillants qui me fixent tous en même temps.

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samedi 9 mars 2013

de la laine et des moutons

Mardi 5 mars 2013,

Je n'avais pas envie de tondre les moutons parce que le froid de l'hiver est encore là et parce que j'avais peur de voir une brebis gestante perdre son petit à cause du stress qu'une tonte peut provoquer. Pourtant, les bergers de longue date et mon formateur aussi m'ont donné quelques bonnes raisons de le faire maintenant alors, j'ai capitulé en pensant que ce serait pour cette année, juste pour essayer et voir...

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il fallait trouver un tondeur digne de ce nom. Nous avons cherché... Cherché... Et puis nous avons trouvé une perle rare. Un tondeur prêt à transmettre son savoir parce qu'ici, nous voulons apprendre à tondre, un tondeur qui sa su prendre le temps d'écouter et d'observer avant de se chausser et de commencer son travail en laissant l'emprunte d'un homme passionné.

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Aujourd'hui, mes petits protégés se portent à merveille et même mieux encore, il me semble que la tonte leur a fait beaucoup de bien. Je crois pouvoir dire que cette première expérience a été positive.

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j'aimerais beaucoup que leur laine parte dans un atelier de transformation.

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mardi 26 février 2013

Orge et luzerne

Je ne les avais pas encore entendus mais depuis samedi matin, je suis attendue à la porte avec des "mêêê" de gourmandise ... J'ADORE !!!

Le dernier mois de gestation est arrivé, les bidons grossissent presque à vue d’œil ! C'est le moment de complémenter les brebis si nous voulons voir de beaux bébés naitre.
Ici, c'est orge et luzerne en bouchons pour cette année (300gr matin et soir)

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Merci à Lucie pour les jolies photos de mes Noir du Velay