cahier de vie

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mardi 19 avril 2016

Néo-ruraux

J'ai recu un mail.
C'était signé de Capucine et de son équipe.
Elle m'a présenté ses partenaires qui soutiennent leur approche, leur vision, et il parait qu'ils permettent de créer de belles synergies.
C'est quoi déjà "synergies"?

Elle m'a parlé de la découverte de notre ferme sur le réseau des micro-fermes en France.

Je me suis souvenue qu'avant d'y inscrire la Roulotte du Berger, j'avais demandé en "message privé" ce qu'ils entendaient par "micro-fermes" et je m'étais demandé si nos prés et forêts, nos moutons, cochons, poules, chevaux, poneys, vaches et nos légumes pouvaient entrer dans cette catégorie là.
Je m'étais questionnée aussi sur ce besoin inéluctable d'entrer dans un moule.
Il parait qu'ils trouvent notre approche en lien avec les valeurs qu'ils défendent et nous félicitent pour notre engagement en faveur d’une agriculture d’avenir.
Ça m'a fait sourire ça parce que je me questionne souvent sur le devenir de notre ferme encore si fragile financièrement. Je crois que nous faisons partie de ceux qui ont le vent en poupe ces derniers temps. On les appelle les néo-ruraux. Je ne suis pas sure d'aimer ce nom.

Il y a quelques fruitiers encore à planter. Ceux là, ils seront à greffer. Le monsieur de la ferme m'a dit qu'il devrait y arriver, que ce n'était pas très compliqué.
Le ciel est si bleu aujourd'hui. Les nids des hirondelles sont tous occupés. Le fond de l'air est encore froid et il pleut beaucoup en ce moment. J'ai retrouvé la morsure de l'ortie.
Sur le calendrier, le printemps est derrière nous et le temps des saintes glaces va bientôt arriver.
Début avril est passé et ici nous cumulons les journées pleines à craquer. Souvent teintées de rose et parfois de gris, de gris trés sombre aussi.
Il y a les projets qui trottent dans nos têtes et la réalité d'un très grand pas qui va se réaliser dans quelques mois. Nous y sommes, l'eau est juste là sous nos pieds.
"On saute en se tenant la main tous les deux?"
J'espere ne pas nous y noyer.

Il y a des soirs où les diners sont pris avec des amis et des stagiaires. Les semaines se remplissent d'activités différentes et de personnes en quête de sens et de bonne volonté venues découvrir ou apprendre le métier de fermier. J'aime beaucoup les écouter nous parler. Jour après jour ils prennent leurs aises dans les divers ateliers proposés à la roulotte du berger et chacun laisse un bout d'eux avant de reprendre leur chemin de vie. Il y a les soirs qui rallongent et j'essaie de ne pas me faire pieger ,de vite rentrer pour préparer le repas et coucher notre petit écolier le soleil à peine couché.
Je sens encore la peur de l'année qui vient de passer me bruler.
"Mais non tu verras, on va y arriver"

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mardi 12 janvier 2016

regroupées

Quand les brebis sont à la bergerie, un chien de troupeau est bien utile pour la distribution du fourrage par exemple

Merci Heda!

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jeudi 7 janvier 2016

des envies

Il y a des envies qui s'entêtent, des envies qui font peu de cas de la performence ou de la rentabilité obligée d'une entreprise.
J'ai envie de peinture blanche sur les murs de la cuisine et faire ma maison jolie. J'ai envie de la voir se remplir d'amis et j'ai envie de partir loin d'ici juste avec lui.

J'ai envie de me persuader que les onzes mois prochains trouveront du bon, etre sure de ce qui vient.

J'ai envie d'entendre dire: "demain il va neiger" d'entendre mes pas crisser et de sentir le bout de mon nez gelé. Les fêtes de fins d'année sont maintenant derrière nous, c'est le moment de dresser la liste des bonnes résolutions et des promesses auquelles je n'ai pas envie d'échapper.
Nous nous sommes promis de rester main dans la main et de tout faire pour y arriver. Je dessine les plans du potager et j'écris sur des morceaux de papier tous les projets pour cette nouvelle année. Il me faudrais mille vies pour réaliser toutes ces envies.
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mercredi 6 janvier 2016

des poussins et des renards

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- "Quand est ce qu'on va remettre des oeufs à couver, maman?"
- "Peut-être au mois de mars prochain si tu veux"
- "Et les poules pourront faire des oeufs d'oie?"

J'ai expliqué à mon petit garçon que les poules faisaient des oeufs de poule et que les oies faisaient des oeufs d'oie puis nous avons bien rigolé en imaginant quelques mélanges d'humains et d'oiseaux.
-"Comment elle est morte Blanche?" Il y a quatre ans, je faisais la connaissance avec ma toute première oie. Une vraie, toute blanche, qui avait les yeux bleus, des pieds palmés et le souffle de chat faché quand je m'approchais trop près d'elle.
"Si ça ne va pas, nous pourrons la récupérer vous savez"
Blanche n'avait pas envie de changer d'humain. Je n'y connaisais rien en Anatidé, mais je venais d'apprendre que cet oiseau aimait les habitudes et qu'il me faudrait de la patience et du courage aussi, pour l'apprivoiser.
Le pari était lancé, nous venions d'aménager dans la ferme, nous les néo-ruraux et je commençais ma vie de fermière avec une oie et une poule que les anciens propriètaires voulaient bien nous lèguer.
"Tu sais, je crois que c'est le renard qui a emmené Blanche"
Nous étions devenus amis avec l'oie de la maison et elle avait même le droit de se promener sur toute la ferme, sauf au potager !
Surtout quand il y avait les laitues de plantées. Souvent, quand il fallait rentrer Blanche au poulailler, c'était mon petit garçon qui voulait s'en occuper.
"C'est mon travail maman, n'oublie pas que je serai agriculteur quand je serai grand!"
C'était l'été et un jour Blanche a disparu, nous ne l'avons plus jamais revue.
-"on a qu'à poser des pièges à renard!"
C'était presque l'heure de partir à l'école mais il nous restait quelques minutes pour discuter. Ça tombait bien parce que je n'avais pas envie qu'un de mes enfants pense que tuer c'était la solution pour se débarasser de ce qui pouvait le derranger.
Ensemble nous avons discuté de cet animal roux et je lui ai confié que moi je l'aimais beaucoup parce qu'il mangeait des centaines de rongeurs,
que j'adorais croiser son regard même quand je suis très faché contre lui parce qu'une poule a encore disparu.
Nous avons cherché des solutions et trouvé que c'était une bonne idée d'avoir installé un filet électrique autour du poulailler et que la niche du labrador de la maison était bien installée tout à côté.

lundi 4 janvier 2016

janvier pour s'organiser

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Je crois que les jours rallongent.
L'école a repris ce matin, j'avais oublié la nuit au réveil.
Je n'ai pas tout rangé dans la maison comme je me l'étais promis pour après les vacances.
La météo annonce quelques jours de pluie, je vais en profiter pour terminer ce que j'ai commencé.

Il y a beaucoup de travail à la ferme mais cette année, je me sens d'attaque pour m'organiser.
Les premières graines arrivent cette semaine,
je vais pouvoir commencer les laitues sous abri et tenter de nouvelles expériences.

Sur mon agenda, il y a trois rendez vous à ne pas oublier.
Mercredi c'est le jour de la fève, je ferai une galette.
Cette année, je crois que j'aime bien janvier.

dimanche 3 janvier 2016

sapin de Noël

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Il était venu plusieurs fois me demander: c'est aujourd'hui que vous allez couper le sapin?
Et quand je lui ai annoncé l'arrivée de François, il m'a demandé: est ce que ça veut dire qu'il va couper le sapin demain?
C'était la semaine avant les vacances de Noel, j'avais décidé qu'il fallait couper le grand sapin derrière la maison.
C’était le sapin que mon petit garçon aimait retrouver l'été pour y grimper le plus haut possible.
Il adorait m'appeler "coucou maman, je suis monté tout seul"
Lui, était fier et moi, je me retrouvais plantée là au potager partagée entre la colère et la peur.
il avait encore désobéit et j’étais pétrifiée a l’idée d'un grave accident.
c’était devenu définitivement SON sapin le jour où j'avais annoncé:
cette année, il faut absolument le couper. Je lui avais alors expliqué les raisons de ce choix mais rien ne l'avait fait changer d'avis.

C'est quand j'ai vu ça bouche se retourner, son menton trembler
et ses yeux s'embuer que j'ai regretté.
Et puis, en quelques minutes tout à basculé,
il a suffit de la magie d'une tronçonneuse dans les mains du coupable pour transformer le gros chagrin en un éclatant sourire.
Le sapin devenait fauteuil "le fauteuil du chevalier de la roulotte du berger"
avec sa table et son petit chêne devenu champignon juste à coté.

J'ai compté trente six anneaux sur la souche du sapin.
Je l'ai longtemps regardé couché et j'ai senti la tristesse m'envelopper.
Cet arbre était là bien avant nous et d'un coup, parce que l'humain l'avait décidé, il devait être exécuté.
Je n'avais pas envie de m'en débarrasser, alors j'ai chercher comment l'utiliser ailleurs.
Une haie morte avec les branchages qui serait installée en face du potager serait parfaite pour attirer les auxiliaires et briser les vents dominants.
Les idées ont très vites dansé dans nos têtes et j'ai même trouvé des bouts d'enfants dans quelques regards.
Nous avons même trouvé la tête d'une chouette sur une rondelle de bois. "Tu sais nous parfois, on en faisait de beaux plateaux à fromage".
Ça sentait bon le pin, nos mains étaient devenues collantes à cause de la sève qui coulait mais on s'en fichait.
"Tiens j'ai une idée! Tu devrais ramasser des pommes de pins et les mettre sous le poêle de la cuisine. Tu verras elles s'ouvrirons et tu pourras récupérer les graines. "
Des bacs creusés dans le tronc coupé pour y planter des fleurs seraient une idée merveilleuse pour accueillir nos visiteurs et pour la dame du potager aussi.
"Tu as vu maman on dirait des bestioles" deux petites branches sont restées sur un morceau du tronc. "Oh! Je suis sure que les enfants vont adorés monter dessus"
Le sapin de mon petit garçon est tombé sous la lame de la tronçonneuse pour sauver un châtaigner et créer une haie protectrice au potager.
Ses bacs rigolos que j'ai hâte de remplir avec de jolies fleurs resteront très longtemps parmi nous. Il nous rappellerons qu'un jour un sapin est né et a existé d'abord en sapin de Noel pour les enfants de la maison d'avant nous.
"Maman, tu crois que je pourrai planter les graines dans la terre ? Apres ça deviendra mon sapin et rien que le mien!"

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samedi 2 janvier 2016

bientôt

Les ventres des brebis grossissent et je m'amuse à deviner qui aura deux petits.
Je crois que les béliers ont encore bien travaillé. Les futures mamans se portent bien et maintenant c'est à moi de jouer.
Je leur donne du regain tous les jours en plus du foin et dans deux semaines je vais commencer à distribuer la luzerne.
Bientôt je serai accueillie avec les"mêê" de mes brebis parce qu'elles raffolent de ces petits bouchons vert foncé.
C'est un plaisir que je savoure depuis que je veux être bergère.
Les entendre au loin m'appeler et les regarder courir vers moi font partis des petits bonheurs de ma vie de fermière.
Bientôt je verrai arriver certains bout de nez, j'en aiderai parfois à naître mais je sais combien mes brebis sont championnes dans cet art.
Et puis, il y aura la mise au pré mais ça, c'est encore loin.

Cette année je veux encore apprendre à saisir le moment et à en prendre soin pour ne plus le laisser s’envoler comme je l'ai trop souvent fait l'an passé.
Je veux lui être reconnaissante et apprendre à ne plus grogner.
"Allez, et si on pariait sur une année sans une parole négative?"
Je ne veux plus avoir peur de mes ennuis ni de regarder la vie passer.
le temps file et je voudrais écrit le récit tout entier de ma vie passée ici.
Je me promets d'en noter chaque soir un morceau, celui que j'aurai choisi.

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photo d'un petit né d'une fratrie exceptionnelle de 7 agneaux le mois dernier

vendredi 1 janvier 2016

une nouvelle année

Fleur

Je le regarde caresser les chevaux.
Le soleil chauffe le plastique de la bâche tendue au-dessus de ma tête,
ça sent encore bon le basilic sous mes pieds et le persil est encore très vert. Il va falloir que j'enlève les plants de tomates et que j'arrose la terre dans la grande serre,
que je trace les lignes pour les cultures et les manches de la grelinette m'attendent.
L'idée c'est de construire des planches permanentes.
Après tout ça, nous apporterons du compost et ça, c'est Sirano qui s'en occupera.
L'ail est planté sur ses billons montés avec Sirano et le "Bucher", notre nouvel outil de travail en traction animale.
Les racines sont déjà longues et je vois chaque jour un peu plus du vert de la tige qui semble bien se plaire dans la terre de la nouvelle parcelle.

Nous voilà repartis pour une nouvelle année.
L'urgent ici à la ferme, c'est maintenant de bien gérer nos différents ateliers, les soigner, les améliorer et surtout bien les organiser.
J'aime beaucoup les fins d'année parce que c'est là que j'ai du temps pour regarder
et je déteste les fins d'année parce que c'est la période où j'ai le plus peur.
Il faut tout préparer, planifier pour ne pas me tromper et ça, moi j'ai du mal à le gérer.
Je trouve cette période aussi très existante, je crois que je suis accro aux challenges que m'offre la vie à la ferme et le temps va bientôt me sembler long avant le top départ.
Avant hier soir, un camping car est arrivé. C'était nos derniers hôtes de l'année, j'ai oublié de leur signaler.
J'ai aimé tous ces visiteurs venus d'ailleurs, nous raconter leur vie mais aussi s’intéresser à la notre ici, à la ferme.
A chaque fois qu'un camping car repartait je sentais repousser mes ailes

En ce début janvier, c'est le plus important que je veux garder en tête.
Il va falloir aussi développer beaucoup plus la vente de nos produits. La vente directe à la ferme reste ma favorite.

Je souhaite à nous et à vous tous une très bonne année pleine de vie, d'amour, de joie, d'espoir et de temps! image.jpeg

lundi 24 août 2015

une fameuse journée

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Mes pensées se promènent entre "hier et demain" le dimanche à la ferme est terminé.

Presque huit cent personnes sont venues et plus de 200 repas et sandwichs ont été réalisés.

Ce fameux dimanche à la ferme organisé par la chambre d'agriculture de la région est maintenant derrière nous. Nous avions dit oui pour ce pari fou, je crois que c’était en juin de l'an dernier. Depuis, nous avions essayé d'imaginer ce que serait une journée entière ici avec un public qui viendrait gouter nos produits fermiers et profiter des animations que nous leur proposerions.

"J'ai peur de me sentir envahi, d'avoir l'impression ne plus rien contrôler"

Ce sont les larmes tout au bord des yeux qui ont sonné l'heure du top départ pour cette chaude journée avec des bénévoles bienveillants et très motivés.

"J'ai peur de ne pas y arriver"

Des salades, des saucisses, des merguez et une côte d'agneau grillées sur des barbecues très bien menés. Du fromage et mon crumble aux pêches avec une boule de ma glace à la vanille "trop bonne".

C’était une journée un peu brouillon avec trop d'attente à l'heure des repas servis dans de la vraie vaisselle, des bouteilles et des verres consignés parce qu'ici la fermière est peut être un peu trop parano avec le verre cassé.

"il est hors de question que je mette les coussinets de nos chiens de travail en danger"

C’était une journée réussie aussi. J'aime dire aujourd'hui que c'était un vrai succès.

Je crois que ce sont les cochons qui ont remporté le grand prix de la curiosité et que les chariots des chevaux ont été très appréciés.

Il y a eu les tracas à gérer, mais des pas trop gros, ça va. Quelques malentendus et un peu de tensions se sont pointés sans être invités, juste au moment du "coup de bourre". Du coté des déceptions et des regrets, je retiens le Bucher, notre nouvel outil de travail au potager si prometteur. Nous tenions tellement à l'atteler avec notre trait comtois et vanter toutes ses qualités. J'aurais aimé raconter aussi tout ce qui me tient debout dans ce monde agricole tellement différent de celui que je connais par cœur.

Et puis, il y a le plus grand des Merci. Celui que je ne cesserai jamais de distribuer à tous les bénévoles qui nous ont aidé, mes petits lutins adorés et mes précieuses petites fées. Sans eux jamais nous n'aurions si bien réussi cette fameuse journée du dimanche à la ferme. Leur énergie et leur volonté ont fait de ces huit heures partagées des milliers de petites bulles de bonheur de mon cœur que j'aime respirer les jours où les doutes et la peurs viennent me secouer.
La ferme est de toute beauté remplie d'humains en train de travailler, les graines sont semées, il n'y a plus qu'à les arroser.

Merci, merci, merci et encore merci les amis!

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dimanche 24 mai 2015

heureuse ici

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Il y a les stagiaires qui se croisent ou qui arrivent parfois, tous ensemble. Je vois avancer le travail plus vite et plus joyeux aussi. J'aime beaucoup travailler avec eux. Je les appelle mes petits lutins, ils sont merveilleux! Courageux et d'une volonté extraordinaire.
Ce soir Jonathan vient se joindre à nous pour quelques semaines. Sa spécialité à lui, c'est le mouton. Il arrive juste à temps pour voir nos dernières agnelles venues du Puy en Velay débarquer à la ferme. Il arrive juste à temps aussi pour couper les onglons de nos brebis. Il m'a dit qu'il savait, c'est bien.
J'ai avec moi, toute une équipe toujours partante même quand il faut encore désherber.
Hier, mes brebis sont sorties de la bergerie sans aucune autorisation et deux fois d'affilées. Une fois parce que j'avais oublié de fermer une barrière et l'autre parce que je crois dans le dans le lot, il y a une coquine qui à compris comment la porte s'ouvrait. Il faut que j’améliore les "bricolages-en-attendant".
Les chiens travaillent de mieux en mieux et nous sommes heureux de les voir s'affirmer devant certaines mères qui protègent les petits.
L'autre jour au loin, je les ai vues toute se rassembler autour d'un nouveau né. on pouvait entendre les mêêê et les bêêê à des kilomètres. j'avais couru à travers champs en pensant au renard qui rode autour des filets en ce moment mais c'est un agneau que j'ai trouvé coincé dans les fils électriques. Ce jour là, je crois qu'elles ont compris en quoi je pouvais être utile aussi. Je suis heureuse ici et cette bouffée de bonheur me rempli les yeux de larmes très souvent, aussi souvent peut être que mes yeux pleurent parce qu'ici, c'est très dur aussi.

La saison est partie, la grande serre se remplie. Elle est entièrement paillée cette année, c'est beau mais pas très aligné, tant pis. La semaine prochaine nous allons attacher les plants de tomates à leur fil bleu. Cette année il y aura des petits clips à accrocher pour faciliter le temps passer sur chaque pied:
"Tu verras, ça va te changer la vie"
Ça y est, l'accueil commence à prendre ses aises à la ferme, nous avons la visite de camping caristes qui acceptent presque toujours l'invitation à venir partager notre table le soir et j'ai des jours de réserver pour les visites d'écoles et de centre aérés.

lundi 2 février 2015

quelque chose comme ça

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Elle s’étale partout sur mes habits
et il y a des jours où je me vois comme un gros tas de boue.
Parfois je ris,
parfois je glisse.
Parfois je me rattrape juste à temps
où ça fait splache et je me retrouve sur le derrière.
Il y a des fois où je me sens sale
et ça me mine le moral
alors pour oublier et m'aider à ne plus regarder
je rêve au printemps.

J'écris sur un papier tout ce que j'ai envie de semer
Je me réjouie avec cette idée que bientôt,
Tout va recommencer.
Dehors les perces neiges ont sortis le haut de leurs têtes
et sous le tilleul ce matin,
j'ai découvert des tiges à fleurs où quelque chose comme ça.

"C'est quoi déjà la chandeleur?"
Des crêpes salées et des très sucrées pour me consoler de toutes ces heures à pester et à lutter contre cette terre trempée .
La chandeleur? je crois que c'est une affaire de printemps ou quelque chose comme ça.

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samedi 17 janvier 2015

janvier est là

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Valentine est venue depuis l'Alsace rien que pour visiter la ferme.
"C'est bien ici la Roulotte du Berger?
À l'heure du déjeuner une dame tenait â me dire combien elle aimait ce que j'écrivais.
Ce soir, j'ai pensé au blog et à cette promesse que j'avais faite d'écrire tous les jours un morceau choisie ou un événement de la journée.
Je sais pourquoi je ne me rends plus à ce rendez vous. Je pourrais parler d'envie et de manque de temps mais je sais bien que c'est la peur de voir l'échéance de la banque arriver qui m'a paralysée toute entière pendant des semaines. Il y a eu les fêtes de fin d'année aussi et le désir de gouter aux plaisirs de la vie ailleurs que la ferme et ses amis.
J'adore tellement les métiers que je fais tout au long d'une année. Parfois c'est très difficile et il m'arrive de pleurer parce que "c'est vraiment trop dur" Mais je sais que ce qui serait le plus terrible c'est la peur de perdre ce que je commence à peine à construite ici et le pire serait de ne plus y croire. Je ne parle pas de maladie.

Nous voilà au mois de janvier et j'aime dire que j'attaque ma troisième année.
Je sens l'expérience pointer le bout de son nez en matière de "conneries" à ne plus faire et j'ose m'imaginer réussir "quand même mieux" cette année.
Janvier c'est le mois de toutes les nouveautés et ici, ça ne va pas manquer en matière d'idées et de "pourquoi pas essayer" .

lundi 29 décembre 2014

-11°

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C'est ce que le thermomètre indiquait ce matin.
J'ai bu mon café et je suis partie voir les animaux.
"Tu as vu la trace blanche sur leur dos ?"
Après une visite d'élevage, personne ne semblaient souffrir du froid,
je crois qu'il n'y avait que le bout de mon nez,
mes oreilles et mes doigts qui se plaignaient ce matin.
Les poules, le chien de la maison et les chats n'aiment pas marcher sur la neige.
Il a encore neigé aujourd'hui,
mon petit garçon était ravi.
"Tu crois qu'à l'école il neige aussi ?"

Dégeler les bacs d'eau à été l'occupation principale de la matinée et de la soirée aussi.
Une brebis a décidé que c'était le jour pour donner naissance à trois agneaux.
Un est mort et il y en a un très petit, j'espère qu'il passera la nuit...

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samedi 27 décembre 2014

Je sais pourquoi le soleil se lève

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Je crois que c'est ce qu'il manquait à ma vie.
Chaque fois que la paupière d'un jour se ferme
je sais pourquoi je me couche aussi.
Moi, j'appelle ça l'essentiel, c'est comme respirer et manger.

Ça fait deux ans que nous habitons ici,
deux ans que je travaille ici,
deux ans que je vis cette nouvelle vie. A l’école j'ai appris à dire chef d'exploitation.
Depuis cet automne j'aime écrire chef avec deux f et un e
mais ce que je préfère, c'est dire que je suis paysanne.
J'ai appris à l'école que les bâtiments et les prés qui abritent et nourrissent nos animaux ça s'appelle une exploitation.
Je n'arrive pas à m'y faire et je préfère parler de ma ferme,
de mon potager et de nos prairies.
Ici, je vis à mille à l'heure et la promesse d'écrire tous les jours un nouveau billet s'est envolée avec le temps qui semble avoir raccourci depuis que je suis ici.
Je m'habitue à cette fatalité mais je ne peux pas m’empêcher d’écrire sur des morceaux de papiers les envies et les promesses pour la nouvelles année.
En attendant, le jour J, je continue à lister, organiser, planifier entre deux fourches de foin ou deux bacs d'eau à remplir.

Je vous souhaite à tous, très chers lecteurs, de joyeuses fêtes de fin d'année.

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lundi 22 décembre 2014

triste nouvelle

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C'est une femme qui laissera une belle empreinte chez les humains.
En tout cas, à moi, elle aura laissé un goût d'envie d'aller encore plus loin.
Je l'avais croisée derrière l’écran de l'ordinateur dans sa vie, son quotidien,
sa jolie bataille et puis, je l'avais rencontrée sur toile lors d'une visioconférence organisée par les associations des Automnales.
Son ton de voix et son accent resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

Rosalie Botti, présidente de la coopérative COCOVICO, nous a quitté subitement il y a quelques jours.
Rosalie, c'était une femme Africaine, une femme rurale que nous souhaitions rencontrer en vrai, nous nous étions données rendez vous à Paris au mois de février prochain.
Je sais que je penserai à elle dans ma vie de cheffe d'exploitation et le jour du rendez vous dans les bureaux de ceux qui font un peu peur quand on veut se lancer dans l'aventure d'entreprendre au féminin.
Je penserai à elle parce que je suis sûre que jour là,
elle sera avec nous et qu'elle saura nous donner un bout d'aile/elle
pour franchir le cap pour mener ce projet fou de trois femmes qui s’unissent pour être encore plus fortes.
Adieu Rosalie.

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dimanche 14 décembre 2014

rendez vous

c'était avec Nestea que j'avais rendez vous.
"Aujourd'hui c'est dressage dans la petite carrière"
J'aime beaucoup ces moments avec les chevaux, je suis rentrée bien dans ma peau, en pensant à ma jument qui m'attend.
Une fois le déjeuner avalé, j'ai pris le temps de m'allonger pour une petite sieste qui m'a fait ,elle aussi, un bien fou.
L'après midi, c'était avec les agneaux que j'avais rendez vous.
"Aujourd'hui, c'est la pesée pour tous"
Je crois que nous allons vite acheter une balance adaptée au parc de tri.

La nuit et la pluie sont arrivées juste quand nous venions de terminer.
J'ai pris Heda avec moi pour la tournée du soir à l'élevage.
Poules, cochons, vaches, chevaux sans oublier Popi-Cacahuète et ses copains.
"Allez on rentre Heda, tout le monde va bien, il ne reste plus que ta gamelle à remplir pour ce soir"
J'ai fermé la porte derrière un gros panier de bois coupé pour le poêle de la cuisine.
Ce soir, c'est une soupe de Butternut et un riz au lait qui m'a apaisée.

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samedi 13 décembre 2014

la vie ici

La vie ici ne s'arrête jamais.
Enfin si, parfois comme l'agnelle qui nous a quittés ce matin. La vie ici est souvent très agitée alors quand le calme s'invite, c'est comme une glace à la chantilly, on y goutte, puis on se laisse aller à la dévorer ou à la déguster et pour ça, la vie nous laisse le choix... Ou pas.

Ce matin, je me suis émerveillée devant le superbe tableau que m'a offert la vie, parce que parfois la vie fait des cadeaux mais pour ça, il a fallu me lever très tôt et sortir juste quand le soleil se levait au dessus de la foret.
C’était beau et j'ai souri. j'ai respiré ce moment à plein poumons.
Je suis retournée prêt de l'agnelle pour la saluer, juste avant que la vie la quitte.
La vie elle est comme ça ici, souvent entre larmes et sourires, fatigante, vivante et parfois cassante aussi.

Hier j'étais au milieu d'un groupe de moutonniers.
Nous étions chaussés de bottes en plastique et j'ai enfilé les gants en caoutchouc que l’animatrice m'a tendus.
Il y avait la brebis allongée sur le coté pour être autopsiée.
il n’était plus question de vie sur la table mais de couteau bien aiguisé, d'indices à trouver et d'âme envolée.
J'étais bien enracinée au sol et décidée à apprendre le dedans de mes moutons pour mieux comprendre pourquoi parfois la vie ne veut plus d'eux.
Je pensais y arriver mais l'odeur était difficile à supporter, j'ai compris qu'il ne fallait peut être pas rester quand la nausée s'est invitée juste avant les sifflements dans les oreilles. Ceux là je sais qu'ils se pointent juste avant les étoiles et le vide alors je me suis écartée.
J'ai écouté le vent qui soufflait aujourd'hui, il était fort et gelé, j'ai laissé les frissons rentrés sous mes vêtements, j'avais les pieds glacés.
Avec le groupe de moutonniers nous avons déjeuner dans cette ferme auberge bien au chaud.
"Vous faites partis du réseau accueil paysan?" J'ai terminé le repas avec un café puis je me suis excusée par l’Après midi. Je ne pouvais pas découper, j'avais pourtant apporter ma cote propre et mon couteau bien aiguisé mais je n’ai pas pu.

Les fleurs d'ici que l'on peut encore trouver en ce mois de décembre

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jeudi 11 décembre 2014

porte fermée

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C'est une petite maison au bord de la forêt.
C'est là que je continuerai de grandir.
Je suis heureuse que cette année nous puissions profiter de la chaleur du poêle allumé dans la cuisine.
Chaque matin, je sens le froid me pincer les joues quand j'ouvre la porte de la maison, l'hiver est arrivé.
Le potager prend ses airs de friche et sous la grande serre, les rangs mal alignés de mâche, épinard et pourpier se prennent pour un dessin où le vert domine et rempli ma tête de promesses de vie.
Je profite du soleil sur la bâche en plastique transparente, j'aime ses rayons qui viennent me réchauffer pendant que je récolte les légumes feuilles pour en faire de belles cagettes à régaler.

Lundi il a neigé et j'ai pensé à l'automne que je n'ai pas vu passer.
Je fais partie des gens qui détestent les fêtes de fin d'année, sans savoir vraiment pourquoi.
Mes enfants ont grandi et mes filles sont parties. Il y a encore Rémi ici et rien que pour lui, nous avons ramené un sapin dans la maison.
"C'est moi tout seul qui met les décorations"

Hier, nous étions quatorze autour de tables, réunis entre maraichers du département.
Il était question du site tout neuf qui sera mis en ligne d'ici quelques semaines, de bilan de fin de saison, de projets, de formations et de coups de gueules aussi.
"Nous devrions gagner au moins un SMIC"
J'ai entendu parler des semenciers, de ces variétés amateurs "VA" et des règles de plus en plus serrées.
"Il ne reste plus qu'une seule variété ancienne que nous avons le droit de commercialiser, c'est inamissible"

La maison des cochons est montée.
tout autour, il y a un filet vert qui dessine leur parc. Ils pourront ainsi combler leurs besoins de fouir. nous l'avons bien amarré.

Nous attendons l'arrivée du veau de notre deuxième vache, c'est pour très bientôt maintenant.
J'appréhende beaucoup la mise bas, je sais que parfois c'est peut être difficile et je n'ai aucune expérience ni savoir faire si un problème se présente.
Aujourd'hui, je peux juste espérer que tout ce passe bien.
ça me plait d'imaginer qu'un matin il est là à ses cotés, qu'il est né sans que je le sente venir.
Ça me plait d'imaginer que ce sera un bébé veau fille que je pourrai nommer et regarder grandir et lui apprendre, plus tard, le même métier que sa mère ici.

vendredi 7 novembre 2014

réunion d'école

Il y a eu la réunion à l'école avec des chaises installées en cercle devant les tables des instits et de la directrice.
Un début qui m'a impressionnée.
J'ai pensé que ça faisait déjà vingt ans que j'étais parent d'un enfant scolarisé et que c'était la première fois que je me présentais à un conseil.
J'ai écouté et j'ai parlé aussi.
J'ai entendu des choses que je n'ai pas bien comprises et d'autres qui m'ont donné envie d'aller plus loin, d'approfondir, de développer et même pourquoi pas, proposer mon soutien. Je ne l'ai pas fait.
"Tu seras déjà très occupée l'année prochaine, tu sais"

Je suis repartie, la nuit était déjà tombée depuis longtemps.
Sur le chemin du retour, j'ai récupéré un petit garçon à la maison de la ruralité, trop content de me retrouver.
J'ai couché Rémi encore triste parce que sa poule a disparu avec trois de ses petits
"Je ne voulais pas qu'elle soit morte"
Nous avons souhaité bonne nuit aux deux petits orphelins bien à l'abri sous l'aile de Rémi et surveillés un chat très intéressé.
Je me suis endormie moi aussi, sur une journée encore très chargée.

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mercredi 5 novembre 2014

des idées à perte de vue

C’était le dernier jour de formation,
je suis rentrée avec des idées plein la tête.
Sur le chemin du retour,
après les grandes routes,
j'ai retrouvé les bordures avec ses champs à perte de vue,
les vaches et même des moutons.
J'ai pensé aux miens bien à l'abri qui commencent à trouver le temps un peu long dans le bâtiment.

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