cahier de vie

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lundi 3 novembre 2014

une dame pour transmettre

J'ai eu juste le temps de terminer le rang d'ail que j'avais commencé vingt minutes plus tôt. J'ai remercié le ciel de m'avoir épargné la douche qui a suivi l'instant où j'ai posé le petit seau blanc sous la serre.
Les principaux caïeux sont en place, il reste encore les plus petits à planter mais ils pourront attendre la fin de ces deux jours de grosses pluie qui sont encore annoncés.

Je suis rentrée à la maison et c'est en ouvrant la porte de la cuisine que j'ai senti le vide que mon petit garçon avait laissé derrière lui, en reprenant le chemin de l'école. J'ai souri en me disant qu'il y avait encore d'autres heures sans lui aujourd'hui et que j'avais le temps de prendre mon temps. J'ai préparé le repas du midi sans bruit et déjeuner sans enfant, rien que deux amoureux à table accompagnés de deux verres de vin.

Je suis partie très vite après mangé en direction de la ville à un rendez vous avec une dame. Nous étions trois femmes bien décidées à parler des activités pédagogiques de nos fermes pour 2015. Cette dame devrait faire passer dans les tuyaux des ordinateurs de personnes potentiellement intéressées qu'il existe sur leur territoire, trois fermes pédagogiques prête à travailler avec eux.
La dame a eu un peu de mal à saisir ce qu'était le réseau Accueil Paysan.

"C'est simple, prenez comme exemple la ferme des milles vaches. Chez nous, ce serait plutôt la ferme des deux vaches" Je crois que la dame a compris et qu'elle a bien aimé l'idée du travail à échelle humain.

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dimanche 2 novembre 2014

quand la pluie est annoncée

La météo annonce de la pluie dès demain.
"il faut couper et rentrer le bois à l'abri aujourd'hui".

Aujourd'hui, il fallait aussi réorganiser les parcs d'attente extérieurs pour les moutons et emmener notre jeune bélier dans la bergerie partager sa vie avec nos antenaises.

L'ail attendrait encore pour être fini de planter, ce dernier jour de la semaine devait être donné aux soins des animaux, au bois et aux lessives.
"Maman, je n'ai plus de tee shirt"

La nuit arrive très vite maintenant et je dois réapprendre la vie avec des heures raccourcies. Ce sont les diners les plus heureux, je rentre de plus en plus tôt à la maison.

Je trouve encore des œufs dans les nids mais en moins grande quantité. Les cinq derniers nés ont l'air de bien se porter, il faut dire qu'ils sont tombé sur une excellente maman poule.
J'espère les voir encore vivants au printemps prochain malgré les mises en garde de personnes expertes.
"Les poussins nés au mois d'aout ne tiennent pas l'hiver"

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samedi 1 novembre 2014

à l'interieur

J'ai laissé le jour me réveiller doucement.
Pas de réveil pour dire qu'il faut se préparer pour une heure donnée,
juste un poulailler à ouvrir mais qui sait attendre encore un peu.

Le café était bon,
j'ai eu envie de tartines beurrées que je me suis préparée sans me presser.
J'étais seule à profiter de cet instant dans la cuisine
à regarder le feu du poêle qui m'a très vite réchauffée.
Il y avait le bruit de ma respiration
et celui du ronron de Félix confortablement installé sur mes genoux
et puis c'est tout.

c'est à ce moment là que j'ai souhaitée que cette journée soit teinté de petites touches de vie comme ça.
De toute façon, je n'avais toujours pas retrouvé ma voix,
si des cris venaient à chahuter la vie ici,
ils ne viendraient pas de moi.

Mon petit garçon s'est réveillé
et j'ai crié.
Je me suis énervée après le verre rempli d'eau et de peinture posé juste à côté du clavier de l'ordinateur
et de la paires de ciseaux qui avait découpée toutes ces feuilles blanches par terre.
J'ai crié comme j'ai pu la colère que je sentais monter à mesure que mes yeux s'ouvraient sur le désordre qui régnait dans la salle de jeux et la chambre de Rémi.

Je suis sortie ouvrir le poulailler,
remettre de l'eau aux moutons,
saluer les cochons d'Inde et donner du poivron.
Je suis allée ouvrir les serres après avoir vérifié que les chevaux et les vaches ne manquaient de rien.
J'avais du linge à pendre à la maison et il pouvait bien attendre encore celui là,
je n'avais pas envie de rentrer à la maison.

Je me suis assise en face du soleil avec le sac d'ails qu'il fallait finir d'éplucher et j'ai laissé la chaleur des rayons m'apaiser.
Je me suis détestée et j'ai vite oublié la vie intérieure pour me concentrer sur le dehors de ce bel automne.

Aujourd'hui, nous avons séparé les brebis en deux lots,
il est temps de penser aux agnelages du printemps prochain.
C'est notre plus jeune bélier qui ouvrira le bal en bergerie dès demain.

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Très chers lecteurs

Nous avons deux petits hérissons dans notre jardin

Si, chez vous aussi il y a des petits

je vous conseille d'aller visiter ce site

le hameau du hérisson

Leurs vies en dépend peut-être

vendredi 31 octobre 2014

sans voix

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Il y a parfois des moments où le corps et l'esprit s'unissent
pour passer un message à l'être qui cohabite avec ces deux là.

Je n'ai plus de voix
et je ne sais pas ce qu'il doit se dire
derrière cette nouveauté.

Je ne peux plus crier quand je suis fâchée après mon petit garçon
ou hurler aux chiens d'arrêter d'aboyer.
Je ne peux plus monter le ton pour qu'on m’écoute au loin,
je dois me rapprocher.

Aujourd'hui je me suis rendue compte que non seulement dans une journée, je criais beaucoup et qu'il était possible aussi de me faire entendre, même en chuchotant.

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mercredi 29 octobre 2014

pas pour toujours

Depuis quelques semaines il m'arrive de vouloir partir d'ici.
Pas pour toujours,
juste m'en aller pour souffler
ou peut-être juste assez reculer
pour mieux regarder.
Partir d'ici et juste laisser filer novembre et décembre
et peut-être aussi janvier.

Noël, c'est dans deux mois.
Bientôt, il y aura un sapin à décorer
et des bouts de listes accrochées un peu partout à la maison.
"Maman, tu crois que le père-noël va passer à la maison de la ruralité?"
Je ne sais pas combien de temps encore Rémi y croira,
peut-être que cette année
les plus grands de la cour de récré arriveront à semer un peu de doutes dans sa tête quant à l’existence du père-Noël.
Je sais bien que ce ne sera pas pour toujours
mais je voudrais bien l'entendre encore une fois rêver de lui pendant toutes ces longues semaines à l'attendre.

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mardi 28 octobre 2014

comme si

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C'est comme si le temps me filait entre les doigts.
Comme si un rideau s’était fermé sur la belle saison.

Les arbres perdent leurs feuilles
et on peut à nouveau voir les maisons d'en haut depuis le jardin.

le soir et le matin,
il fait meilleur à la maison mais l'après midi,
c'est dedans que j'enfile un gilet.

les moutons sont à l’abri dans le bâtiment
et les chats s'invitent chez les humains parce qu'à côté du poêle allumé,
les siestes sont quand même bien meilleures.
Les coccinelles, les araignées et même les mouches sont rentrées.

Cette semaine, j'ai vu encore quelques butineurs,
le soleil étire ses rayons là-haut
et le ciel est sans nuage menaçant depuis plusieurs jours.

Le temps semble me filer sous les doigts comme l'herbe qui disparait sous mes pas.

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mercredi 15 octobre 2014

des pieds de tomates et des dattes

Ça y est, nous enlevons les pieds de tomates dans la grande serre.
Nous avons commencé en fin de matinée et j'ai arrêté quand Émilie est partie,
c'était l'heure du gouter. "Maman, je peux en manger?" Bernadette et Jean sont passés avec des petites gourmandises très sucrées
et j'ai eu envie de partager avec eux quelques minutes de ma journée.
Ils ont vu les moutons installés dans le bâtiment,
là où eux avaient vu leurs vaches pendant des années.
Dehors, ils ont trouvé les arbres beaucoup grandi.
Je leur ai montré le tout nouveau parc de tri aussi.
"C'est ce qu'il me fallait pour ménager mon dos"

Cette semaine, les moutons devrons passer dedans pour la première fois parce que lundi, les premiers agneaux devrons nous quitter et qu'il est temps pour les agnelles achetées au printemps dernier de faire connaissance avec un de nos béliers.

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mardi 14 octobre 2014

les petites mottes sont toutes posées

Nous avons terminé le travail sous une partie la serre.
Le pourpier est en place aussi et nous avons hâte d'y gouter.

Le soleil a resplendi toute la journée
et si les feuilles des arbres ne trahissaient pas l'automne,
on se serait cru encore en été.

Nous avons ramassé des noix une bonne partie de la journée,
l'année prochaine j'ai bien envie de poser des bâches sous les noyers,
nous gagnerons en temps et en énergie aussi.

C'est bien qu’Émilie soit là, les journées sont rudes et chargées de travail. Sa présence adoucie ces jours difficiles.

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lundi 13 octobre 2014

Emilie

Émilie est arrivée et nous avons pris le temps d'un café pour discuter.
Elle a sorti les feuilles à signer et celles qu'il faudra remplir au quotidien.
Je devrai y noter ce que je pense de son travail et un peu d'elle aussi.
Là dessus, j'ai déjà une idée du ton que je donnerai.

Nous avons presque terminé la transplantation des petites mottes.
Avant de repartir,
nous sommes allées cueillir quelques tomates
et choisir le pâtisson qui lui faisait envie dans la boutique.
Elle est repartie avec le sourire et moi,
vraiment contente d'avoir travaillé en sa compagnie toute cette journée.

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dimanche 12 octobre 2014

caline et le pot de l'amitie

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Le vent soufflait quand j'ai pris mon petit déjeuner.
J'ai bien pensé que peut-être la pluie ne s’inviterait pas aujourd'hui.
J'ai pendu du linge dehors pour le faire sécher.
Dix minutes à peine après, il tombait des cordes.

Je ne sais pas si c'est le froid qui me glace les os
ou si c’est la fatigue accumulée que je ressens sous la peau
Mais après déjeuner, je suis allée me coucher.
J'ai fermé les yeux sur toutes les choses qu'il y avait à faire encore aujourd'hui.
J'ai dormi un peu plus d'une heure.
J'avais encore froid
et soulever la grosse couette qui m'entourait
a été un gros effort que j'ai félicité.
Je me suis levée et je suis allée le rejoindre dans le bâtiment.
"Il est bientôt cinq heures tu sais"
Nous avions un rendez vous à la maison de la ruralité
pour un pot de l'amitié.
J'ai hésité entre y aller et rester ici.
Je ne savais pas si j'avais envie de convivialité ou de repli.

C'est câline, la numéro quarante sept qui s'est approchée de moi la première pour être caressée.
J'ai vu ses yeux me fixer. J'ai vu la paix dans son regard et j'y ai trouvé l'apaisement que je cherchais.
Je me suis laissée aller à son invitation que je ressentais très fort dans son regard.
J’étais hypnotisée, aspirée dans la profondeur de sa pupille horizontale et je me suis accroupie.
Elle a mis sa tête sur mon épaule et je l'ai longuement caressée, humée, gratté et cajolée.
J'ai bien entendu son désir de retrouver sa liberté dans nos prés et je lui en ai promis après la pluie.

Nous avons posé quelques barrières et commencé à construire quelques cases d'agnelage.
"Il est déjà cinq heures, il faut y partir"
Rémi était content de retrouver toutes ces personnes à la maison de la ruralité, surtout féminines.
content de retrouver aussi le jus de pommes,
les petits gâteaux et les brioches.
Nous avons écouté le président de l'association et nous l'avons entendu remercier tous les participants de la fête de cet été.

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samedi 11 octobre 2014

l'indonésie et des mottes

Je me suis levée plus tard que d'habitude,
je me suis pressée pour aller m'occuper des animaux,
nous avions un rendez vous à la maison de la ruralité
que je n'avais pas envie de rater.

Le repas était fabuleux,
j'ai beaucoup aimé manger indonésien
et partager le repas avec des personnes qui semblaient tellement être à l'aise avec les sujets abordés.

nous sommes rentrés et nous avons continué à poser les petites mottes de mâche, épinard et pourpier.

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vendredi 10 octobre 2014

histoire de chats

C'est décidé,

dans une autre vie,

je serai chat...

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mercredi 8 octobre 2014

des courbatures

J'ai mal partout,
je me demande s'il y a un muscles qui ne me fait pas mal.
Ce matin je me suis sentie toute molle
et j'avais envie d'une journée plus calme que celles de ces dernières semaines.
Je sais bien que ce n'est pas encore le moment,
je sais qu'il viendra le temps de me poser,
me reposer, de vivre au ralenti comme le fait la vie de la terre en hiver.

Même si depuis quelques jours je pourrais prétexter que les heures de pluie me ralentissent,
je sais qu'il faut donner ce dernier coup de collier mais aujourd'hui,
je me suis sentie seulement l'envie à me reposer.

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lundi 6 octobre 2014

une visite de fin de journée

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J'ai préparé Rémi pour l'école
"J'ai beaucoup de travail aujourd'hui."
Quand l'heure de s'en aller est arrivée,
je lui ai souhaité une bonne journée,
j'ai filé ouvrir le poulailler
et faire la tournée des animaux.
De ce côté là, tout allait bien,
demain il faudra changer les moutons de parc.

Je suis allée sous la grande serre,
le système irrigation par asperseurs en haut de la serre est installée.
Ce matin il fallait la débarrasser avant d'ouvrir les vannes d'arrosage pour cette moitié de terre toute la journée entière.

Les noix à ramasser m'attendaient sous leurs arbres.
Je n'ai fait que la moitié d'un des deux noyers.
Cette année encore, nous sommes gâtés.

C'était déjà l'heure de partir chercher Rémi à l'école,
en rentrant, j'irai sortir un des derniers rangs de pommes de terre.
"Voilà mamie!"
Ça faisait des semaines qu'elle n'était pas venue nous voir et j'ai été fière de lui montrer la boutique terminée,
nos deux nouvelles vaches et je lui raconté ma première matinée pédagogique à la ferme.

"Ce sont tous vos moutons? Mais combien vous en avez maintenant ?"
Elle est repartie, ce n’était plus l'heure des pommes de terre mais celui de la routine à l'envers. Je suis allée vérifier l'eau des béliers.
"je sors les chiens, les moutons se sont encore barrés" Nous avons dans le troupeau une de nos antenaises qui a compris comment passer de l'autre coté d'un filet sans avoir à faire à l'électricité.
"On ne peut pas la garder, elle apprend aux autres à faire pareil" Nous avons perdu un agneau déjà cause de cette fâcheuse tendance à emmener les copains et les copines avec elle dans ses aventures buissonnières, il s'était entortillé dans le filet sans réussir en s'en libérer, nous l'avions retrouvé sans vie le lendemain.
Il craint aussi qu'elle apprenne la technique à ses descendances et moi je n'arrive pas à me rendre à l'évidence, il me faut encore un peu de temps.

Nous sommes rentrés fiers de nos chiens qui ont su ramener le troupeau dans leur parc en passant par le bois.

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dimanche 5 octobre 2014

deux stagiaires

Ça y est il pleut.
La météo annonce même que le beau c'est fini.
Ici nous ne sommes pas encore tout à fait prêt, mais presque.
Il y a encore tellement de choses à faire et plus grand chose si on ne s'attarde pas aux détails.

Du coté potager, l'essentiel était dans la serre.
la partie qui a abrité les moutons durant deux hivers doit être prête cette semaine pour le repiquage des plants d' épinard et de mâche.
Les travaux sont en cours.

Du côté de l'élevage, il manque le parc de tri et des barrières de séparation, la commande part demain.
C'est le moment de séparer les brebis en trois groupes parce qu'ici, il y a trois béliers et de rentrer tous les moutons à l'abri pour la nuit.
Je vais commencer à leur donner du foin le soir et le matin avant de sortir.
Six petits cochons Gascon arriveront bientôt, dès que leur parc extérieur et leur abri seront installés. Ça ne devrait plus tarder.

Aujourd'hui, j'ai reçu les deux stagiaires qui viendront très bientôt commencer leur première semaine de travail ici.
Deux belles rencontres, trois dames à la ferme, trois paires de bras à l'ouvrage, trois âmes bien décidées à aller au bout de leurs rêves, je crois qu'ici "ça va déménager"

"Vous savez, je n'ai que deux années d'expérience, je fais encore beaucoup d'erreurs" j'espère que je serai à la hauteur de leurs attentes.
Ce matin, J'ai senti l'envie de rester au sec à la maison venir me titiller, le poêle de la cuisine allumée, je serais bien restée.

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samedi 4 octobre 2014

c'était un mois d'Août

Elle venait féliciter les tous nouveaux parents que nous étions et moi,
je faisais la connaissance de la fiancée du meilleur ami de mon mari.
C'était il y a vingt trois ans.

Aujourd'hui, ils sont venus découvrir ma nouvelle vie.
Ça faisait depuis trop d'années que nous nous étions quittés pour vivre nos vies séparées et décalées.
Aujourd'hui j'ai retrouvé mes deux amis et je ne savais pas qu'ils m'avaient tant manqué.
Ils sont venus avec nous jusqu'au moutons pour partager un morceau de notre quotidien.
Ils sont repartis en moto et nous avons terminé le parc des animaux.
Des clients sont arrivés pour acheter des légumes,
et j'ai repris le cours de mon samedi à la ferme.
Je crois qu'après leur départ,
un sourire un peu "con" ne m'a pas quittée tout au long de la soirée.

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jeudi 2 octobre 2014

adieu Maurice

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Marguerite est arrivée au moment où nous allions partir au village saluer une dernière fois ce vieux monsieur qui nous a quitté lundi dernier.
je n'étais encore jamais rentrée dans cette église depuis notre arrivée dans ce village. Quand je suis entrée dedans, il y avait déjà tellement de monde.
L'église était remplie de gens silencieux, tous venus dire adieu à Maurice.
J'ai entendu une famille qui semblait être si soudée dire un dernier mot à leur cher Maurice.
J'ai entendu des chansons et de la musique qui fait passer sous la peau des frissons de sensation
et j'ai senti plusieurs fois les larmes venir troubler mon regard et me piquer le nez.

Je ne connaissais pas Maurice,
il était un de nos rares voisins,
un voisin que j'aurais aimé entendre me raconter sa vie passée ici
et celle de son potager.

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mercredi 1 octobre 2014

Une pause plantes sauvages en automne

Je n'ai pas trouvé assez de temps pour tout faire du coté de la ferme
et à la maison, n'en parlons pas. Je déteste vraiment ce qu'elle devient.
Ce serait bien quelques travaux pour la faire belle,
je sais qu'en attendant je devrais la ranger
pour faire entrer une meilleure humeur.

Dehors j'ai commencé à ranger l'été
pour laisser l'automne s'installer.
J'ai retrouvé quelques herbes que nous avons observées et cuisinées hier toute la journée.

J'avais déjà rencontré Véronique à une formation de reconnaissance des plantes sauvages au printemps dernier.
Cette fois, il était question de pâté de glands,
de pizza aux gratte-culs,
à l'aubépine et aux prunelles.
Je ne connaissais pas le nèfle,
je l'ai beaucoup aimé en tarte meringuée.
"J'aimerais bien faire pousser quelques néfliers près du potager"

Ce soir, en fermant le poulailler,
j'ai trouvé plein de jeunes orties.
J'ai pensé que ce serait une bonne idée
de préparer quelques soupes avec et d'en congeler quelques sacs pour l'hiver.

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mardi 30 septembre 2014

au bout du téléphone

Hier soir, le téléphone a sonné.
C'était pour nous annoncer que le monsieur qui habite de l'autre côté
nous avait quitté.
J'ai été triste le reste de la soirée
J'ai beaucoup regretté de ne jamais avoir pris le temps d'aller lui rendre visite depuis que nous sommes arrivés.
Pourtant, nous en parlions régulièrement à la maison
"Il faudrait aller les voir, ils sont très gentils tu sais"
Il y avait eu le tournage du film ou Sirano avait été vedette,
ce monsieur s'était déplacé pour venir voir le cheval travailler
parce que les souvenirs ça remuent parfois le dedans de soi.
Je l'avais salué et nous avions fait un brin la causette.
Le soir j'avais même dit qu'il fallait prendre le temps un jour d'aller les rencontrer.
Il s'en est allé ce monsieur
et j'ai été triste toute la soirée, parce que voyez vous,
En haut du chemin,
il y avait l'histoire d'un couple de personnes âgées
et j'aurais aimé le connaitre.

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lundi 29 septembre 2014

le jour s'en va

je le regarde et tout y est, tout comme il y a dix ans.
Depuis plusieurs jours, je m'invente des rendez vous.
Je regarde ma vie,
pas la vie pour s'amuser,
mais celle qui ne se raconte pas ici.

Je n'ai plus de place pour les amis depuis des semaines,
mais je prends le temps de penser à eux.
Il faut que je lui dise,
que je leur dise aussi,
un ou deux mots et c'est tout
mais lui dire que je rêve souvent de ses bras
et que je rêve de fêtes entres amis.

j'aime ma vie ici
mais celle plus en amont,
plus sans souci,
plus à l'intérieur,
celle qu'on préserve
et qu'on aime encore plus que tout le reste me manquent.
Dehors, il fait beau mais dans le dedans de moi il y a un peu de froid.
"C'est beaucoup de soucis une entreprise vous savez"

Il est celui que j'aime.
Il faut que je le dise ici tant pis.
Je suis agricultrice et je suis une femme amoureuse aussi.
Amoureuse de la vie depuis que je l'ai croisé
et que nous avons décidé de construire nos vies comme on l'attendait.
Je suis une femme amoureuse.
Amoureuse de la terre et de l'élevage aussi,
amoureuse de l'humain et des liens qui les unissent.
Je suis une femme amoureuse et surtout de lui.

Depuis quelques jours,
il suffit d'un sourire
et je nous vois fous tous les deux,
partir avec sa moto.

Je crois que ces derniers mois,
j'oublie le plaisir et l'amour,
l'essentiel à ma vie.
Je ne vois que la nuit,
je n'entends plus que les soupirs,
les gros mots
et j'en oublie les mercis aussi.
J'ai oublié les petites bulles,
j'ai peur que le temps passe trop vite.
J'invente des rendez vous où je me fais toute belle,
où je ne serai qu'à lui.

"Monsieur le faiseur de rêves, je voudrais me réveiller à ses cotés jusqu'au demain d'après. J'aime tellement dessiner nos vies avec lui comme des jours comme aujourd'hui où tout parait calé, organisé. Où lorsque les visiteurs nous demandent pourquoi ce choix de vie et que je croise son regard complice.

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