un nom à la place

image.jpeg

Je regarde les ventres s'arrondir.
Il va falloir bien réorganiser la bergeries pour accueillir les tous nouveaux nés.
L'hiver vient à peine de commencer et il reste encore de longues semaines avant l'arrivée du printemps et ses promesses.
Aujourd'hui il n'est pas question d'herbes à brouter, n'y de bain de soleil pour se réchauffer.

Quand je viens distribuer le regain, certaines brebis font le même petit bruit caracteristique à toutes les mères qui invitent leur progénitures à la tétée
ou juste pour une petite toilette où tout simplement pour dire: c'est moi, je suis là, reconnais moi.
Je sais bien qu'il faut attendre quelques semaines encore mais à chaque fois que j'entends ce doux gloussement de jeune maman,
je ne peux m'empêcher de chercher un agneau perdu au beau milieu d'une centaine de pattes de brebis gourmandes et affamées.
Je me sens fondre alors quand je sais que c'est pour moi et je cherche les yeux de celle qui m'appelle.
Ce sont ces petites bulles de bonheurs là que je garde avec moi pour les jours où tout va mal et ce qui donne aussi naissance à un nom pour une brebis qui au départ n'était qu'un simple numéro.